Projet Kër Alaam Gi par l’association SEED

Situé au cœur de la zone de mangrove de Bango, dans la région de Saint-Louis, au Sénégal, le projet « Ker Alaam Gi » – ou Maison de l’environnement – consiste à construire, à l’aide de matériaux biosourcés, un centre de ressources intégré dédié à l’environnement et à la protection de la mangrove pour le développement économique des communautés locales.

En 2021, l’association SEED (Solidarity, Equity, Empowerment, Development) a candidaté à l’appel à projets de la Fondation setec sur le thème de la construction durable en France et dans 6 pays d’Afrique. Après un processus de sélection rigoureux, le jury a décidé de lui remettre le prix lauréat pour un soutien total de 35 000 euros.

LE PROJET

Le projet « Kër Alaam Gi »

Nina Poret (responsable du projet) et l’équipe de SEED ©Adrame NDIAYE

 

SEED est une association de solidarité locale et internationale créée en 2015 qui œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables en France et à l’international (Sénégal, Bolivie, Argentine et Mali). SEED œuvre par le biais d’un appui aux organisations de la société civile (collectifs habitants, structures locales) à l’élaboration de projets co-construits.

L’association intervient au Sénégal depuis 2018 auprès d’une fédération habitante engagée dans la reconstruction de l’habitat précaire et dégradé de la banlieue de Dakar en raison des phénomènes d’inondations récurrentes. Elle œuvre pour la mise en place d’une chaîne constructive locale réalisée à partir de matériaux locaux et biosourcés (typha et terre).

L’association appuie le Groupement d’Intérêt Économique (GIE) « Suxali Alaam » depuis 2018 dans ses activités de transformation et de valorisation du typha et des ressources de la mangrove. Le projet « Kër Alaam Gi » est développé par le GIE et SEED, et il est dans la continuité de  deux projets antérieurs : « Imagine Sénégal » en 2019 pour la construction d’un centre de transformation et de valorisation des produits de la mangrove ; « Femmes chaumières » en 2021 pour la formation de femmes à la première filière métier en construction durable.

L’objectif du projet actuel est d’accompagner le développement économique et de favoriser la réduction de la pauvreté, par la valorisation des ressources écologiques locales et la protection environnementale.

Ainsi le projet vise :

  • La création d’un centre de ressources intégré, dédié à l’environnement, au profit du GIE Suxali Aalam (30 membres), en construisant un bâtiment de 100m² en matériaux biosourcés locaux (terre typha) à proximité de la mangrove ;
  • Le développement de 4 filières métiers responsables et endogènes, dont 2 en construction durable, en outillant et formant 8 groupements d’épargne de Bango (80 personnes) ;
  • L’engagement des communautés locales (500 habitants), bénéficiaires indirects du projet, dans la préservation de leur cadre de vie, en animant une sensibilisation dans la Maison de l’Environnement sur l’architecture écologique, la gestion des déchets, et la protection des espaces naturels
    endémiques de la région.

Zone de stockage du matériel de construction ©Adrame NDIAYE

La construction durable 

Les actions de SEED s’organisent autour de deux axes principaux: l’appui à l’écoconstruction pour améliorer l’habitat et les espaces collectifs la formation, et la concertation et la sensibilisation pour renforcer les compétences et capacités des communautés locales. La construction durable est donc au cœur de la mission de l’association.

Dans le cas du projet « Kër Alaam Gi », soutenu par la Fondation setec, la construction se fait à l’aide de matériaux biosourcés, en particulier par l’utilisation du typha.

Le typha australis est un roseau que l’on retrouve en abondance dans le fleuve Sénégal et le lac de Guiers. A la suite des aménagements hydroagricoles réalisés dans les années 1970 et mal entretenus, le typha prolifère au point de déstabiliser l’équilibre naturel des plans d’eau. Il est aujourd’hui si présent qu’il représente une menace pour les écosystèmes et impacte la qualité de l’eau.

Cependant, cette plante possède des qualités non négligeables pour son utilisation dans de nombreux domaines, notamment la construction. La valorisation de ce roseau dans la construction est possible grâce à ses caractéristiques hydrophobes. Il peut être utilisé pour l’isolation des murs, la toiture, l’absorption phonique etc. La construction de la Maison de l’environnement est supervisée par une architecte spécialisée dans la conception et la réalisation de bâtiments biosourcés.

Préparation des briques en terre-typha ©SEED

Avancée du projet: qu’en est-il ?

Depuis le début de l’année, plusieurs filières métiers sont en cours de structuration, notamment les filières matériaux biosourcés et apiculture. L’association SEED a réalisé une formation apiculture auprès de 15 personnes.

L’association et le GIE sont en attente des documents officiels d’acquisition du terrain. La construction de la Maison de l’environnement devrait commencer en septembre, après la saison des pluies. Le matériel permettant la confection des briques a été acheté, les moules fabriqués et le site de fabrication préparé.

Le planning prévoit :

  • le démarrage de la fabrication des briques et le débroussaillage du site en juin
  • l’arrêt des travaux durant la saison des pluies
  • le démarrage de la construction mi-septembre pour une durée prévisionnelle de 2 mois et demi

Matériel de confection des briques ©Adrame NDIAYE

Le rôle de la Fondation setec

La Fondation setec accompagne financièrement l’association SEED dans la réalisation de ce projet. A l’issue de l’appel à projets 2021 sur « La construction durable en France et en Afrique », elle s’est engagée à attribuer un total de 35 000 euros à la structure afin de mener à bien le projet « Kër Alaam Gi ».

À la suite de la remise des prix, un suivi rigoureux est organisé tout au long de l’année durant laquelle des rapports sur l’avancée du projet sont échangés pour s’assurer du bon déroulé des missions et des besoins éventuels de l’association.

En juin 2022, Adrame NDIAYE, ingénieur principal et responsable développement durable pour setec Afrique, filiale du groupe setec, s’est rendu sur le site du projet en tant que relais de la Fondation. Il a été accueilli chaleureusement par l’équipe de SEED et du GIE Suxali Alaam qui lui ont fait visiter le terrain et le site de transformation de typha pendant une matinée. A la suite de cette visite, il a fourni à la Fondation un compte-rendu et des photos. Adrame NDIAYE était intervenu dans le cadre de la présélection des projets candidats à l’appel à projets 2021, il connaissait donc déjà le projet de l’association et a pu concrétiser son implication en allant sur le terrain.

Echange entre Adrame et Nina Poret (responsable du projet) ©Adrame NDIAYE

 


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